Nos aventures au jardin



Je vais essayer de vous présenter ma petite histoire du jardin.

Nous avons quitté la ville pour nous installer en Ardenne, il y a quelques années. Cultiver nos légumes était une priorité et j'ai voulu m'y mettre rapidement. J'ai été un peu présomptueuse et je n'ai pas fait les choix les plus pratiques : j'avais installé le potager dans notre prairie et j'étais très enceinte d'Abel. Ce n'était pas très facile d'y aller et nous n'avons récolté que quelques radis.

L'année suivante, j'ai écouté les conseils de mon petit frère (pourtant citadin endurci) et j'ai fait un petit potager dans notre jardin. Nous avons installé quelques carrés potager, semé différents légumes et fleurs et tout a très bien poussé. Les années suivantes j'ai commencé à envahir le jardin et la pelouse en créant des grandes bandes un peu partout où je mélangeais fleurs, petits fruits et légumes. D'année en année j'augmente la surface de culture, je transforme le jardin d'ornement que les anciens propriétaires avaient fait en un mélange de potager, de verger avec des espaces fleuris plus sauvages (ou bordéliques c'est selon ) et on se sent de plus en plus chez nous.

La technique que j'utilise est celle du potager en lasagnes. Je superpose des couches de matières carbonnées (paille, feuilles mortes, branchages etc) et des matières azotées (fumier, crotin, compost, tonte d'herbe, épluchures etc) que j'arrose généreusement (nous avons la chance d'avoir une grosse cuve de pluie qui me permet d'arroser le jardin) que je laisse reposer quelques semaines pour ensuite y replanter nos semis.

Le fait de composer cette lasagne permet de créer un lit très fertile pour les fruits et légumes. On imite ce qui se passe dans la nature. Si vous vous promenez de temps en temps en forêt, vous aurez remarqué que le sol, hors sentier est très meuble, la terre y est souvent plus noire et légère. Les feuilles et brindilles qui tombent des arbres abritent des insectes, des vers, des larves, des champignons et des micro organismes qui participent à la décomposition des feuilles qui finissent par devenir ce terreau. C'est ce qu'on tente d'imiter avec le potager en lasagne. Cette technique est vraiment parfaite pour se lancer. Elle permet de cultiver à n'importe quel endroit sans se soucier de la qualité de la terre au départ. Et puis j'aime l'idée de créer quelque chose en essayant de rendre la terre plus accueillante et fertile plutôt que de détruire pour imposer nos envies (on sait aujourd'hui que retourner la terre n'est vraiment pas une bonne idée et que bêcher un terrain perturbe le sol et ses habitants).

On peut composer les différentes couches avec ce qu'on a à disposition et petit à petit le sol redevient plus fertile (les surfaces avec des pelouses proprettes qu'on tond très souvent et sur lesquelles on marche ne sont pas très fertiles et vivantes, la terre y est très compacte et peu accueillante). Je peux vous conseiller de chouettes livres qui expliquent sans doute mieux que moi cette technique. Cela fait donc plusieurs années que je pratique le potager en lasagne avec beaucoup de succès. J'utilise les "déchets" de notre jardin mais ils ne sont pas très nombreux parce que nous avons de moins en moins de surface de pelouse, nous ne sommes pas des zélés de la tondeuse et on ne coupe pas trop ce qu'on a la chance d'accueillir chez nous (les arbres, arbustes, haies, fleurs sauvages sont utiles aux insectes, aux oiseaux et aux différents petits animaux qui en ont besoin pour se nourrir, s'abriter, se reproduire).

Pour le moment j'alterne les couches avec les litières de nos animaux (chèvres et poules), de la paille et j'ai la chance de profiter du précieux et très riche fumier des chevaux de nos gentils voisins qui nous l'offrent (merci Cécile et Martin ! ) mais je pense essayer de limiter les apports extérieurs les prochaines années. Je pense que j'ai réussi à créer des zones plus meubles et fertiles grâce à cette technique et j'utiliserai à l'avenir les matières avec plus de parcimonie (les feuilles mortes, les litières de nos animaux, les plants que je couche à l'automne et seulement de la paille pour le paillage et un peu de crotin "dilué"), avec en tête l'envie de ne pas en faire de trop et de ne pas dépenser trop d'énergie pour le potager (celle du tracteur pour apporter le fumier ou la paille mais aussi la mienne parce que transporter des dizaines de brouettes de fumier bien décomposé est épuisant !).

Je partage mon expérience du potager ici pour vous faire comprendre qu'il est tout à fait possible de cultiver un petit bout de terre et d'y faire pousser de bons légumes, de délicieux fruits et de belles fleurs. Je fais tout ça avec Virgile et Abel qui ont 6 et bientôt 4 ans et qui ont toujours tout fait avec moins depuis qu'ils sont tout petits (j'ai fait beaucoup, les premières années avec Abel en portage dans mon dos), je ne suis pas très sportive à la base, je ne suis plus une jeunette et pourtant j'y arrive Je suis persuadée que c'est important que les enfants sachent comment poussent les fruits et les légumes, qu'ils n'aient pas peur de se salir les mains et qu'ils trouvent cela naturel et normal d'avoir un jardin foufou plutôt qu'une pelouse toute propre mais pas très accueillante.

J'aurai encore un million de choses à écrire, j'essaierai d'être plus concise mais j'ai pensé que c'était important de vous expliquer mon parcours. J'aurais sans doute pu faire une vidéo pour expliquer tout ça mais je préfère écrire et lire et je réserve les vidéos pour mes célèbres danses du popotin au potager Je serai ravie de répondre à vos questions ou d'échanger à propos de vos propres expériences !